urlLes cerfs-volants de Kaboul - Khaled Hosseini

 Au début des années 70, Amir et Hassan, frères de lait, embrasent le ciel de Kaboul de leurs cerfs-volants. Jusqu'à ce jour, terrible, ou Amir abandonne Hassan à un sort tragique et se réfugie aux États-Unis. Vingt ans plus tard, en quête de rédemption, il devra affronter l'Afghanistan ravagé sous le joug des talibans... et le poids de son propre passé.

Alors bizarrement je n'avais jamais entendu parler de ce livre, avant que mon amie E. m'en fasse les éloges. Je dis 'bizarrement' car après avoir un peu surfé sur la toile (ouais je sais j'emploie des expressions très cool), force est de constater que Les cerfs-volants de Kaboul à connu un vif succès auprès des lecteurs, à été récompensé du prix des lectrices 'ELLE' et a fait l'objet d'une adaptation cinématographique.

Bon ne tournons pas autour du pot, je ne suis que très moyennement emballée par le roman de Khaled Hosseini. Disons que je le trouve plutôt réussi jusqu'à ce que Amir doive retourner en Afghanistan dans l'espoir de racheter la dette qu'il a envers son frère de lait Hassan. J'ai lu avec plaisir  toute la  première partie du roman qui nous rappelle qu'avant qu'il ne soit dévasté par les soviétiques et autres talibans, l'Afghanistan été un pays où il faisait bon vivre (bon surtout pour les afghans, nettement moins pour les hazaras, peuple iranien considéré comme inférieur au peuple afghan, qui eux sont clairement réduis à l'état de serviteurs...). J'ai  été émue par la dévotion du jeune Hassan pour son maître mais néanmoins ami et j'ai suivi avec intérêt l'intégration parfaitement réussie d'Amir aux Etats Unis.

Mais ensuite c'est le drame. Bien trop de révélations chocs à mon goût ,on dirait du Sacha Distel 'Ton père n'est pas ton père, et ton père ne le sait pas' (bon ok je suis un peu dure mais c'était la seule occasion de citer Sacha Distel sur ce blog). Et la facilité avec laquelle sont résolues les innombrables problèmes auxquels est confronté notre personnage m'a passablement agacé. Toute la seconde partie du roman m'est finalement apparue plate et entendue.

Bref, Les cerfs-volants de Kaboul est à mettre dans le même sac que de L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon ou encore L'île des oubliés de Victoria Hislop. Des romans somme toute assez réussis, avec une intrigue qui fonctionne plutôt bien, des personnages auxquels on s'attache, de bons sentiments et une écriture très fluide et accessible, mais qui nous vous laissera pas sur le cul. Roman qui emballera je pense les lecteurs occasionnels (et je dis ça sans la moindre condescendance les gars, les lecteurs occasionnels sont des êtres comme les autres).

 

'Autrefois, il fallait compter deux heures, éventuellement un peu plus, pour se rendre à Djalalabad à Kaboul. Farid et moi y parvînmes  en six heures. Et quand nous arrivâmes... Il m'avait averti juste après le barrage de Mahipar.

- Kaboul a beaucoup changé.

- Oui, c'est ce que j'ai entendu dire.

J'avais eu droit à un coup d'oeil qui me signifiait qu'entendre dire et voir de ces propres yeux étaient deux choses différentes. Il avait raison. Parce que lorsque Kaboul s'étira enfin devant nous, je fus certain, absolument certain, que nous nous étions trompé de direction quelque part.'

Les cerfs-volants de Kaboul - Khaled Hosseini - 405 pages - Editions 10/18