ileL'île des oubliés - Victoria Hislop

Alexis, jeune anglaise de 25 ans, aimerait être sûre. Être sûre de ce qu’elle veut, de celui qu’elle aime, de prendre les bonnes décisions à ce moment charnière de son existence.  Mais comment se construire et avancer dans la vie dans la vie quand on ne sait presque rien de ses origines. Sa mère, la discrète Sophia a toujours gardé secret l’histoire de sa famille. Originaire de Crète, elle a passé toute son enfance dans le petit village de Plaka et c’est précisément dans ce lieu où le temps semble s’être arrêté, qu’Alexis décide d’achever ses vacances. Elle découvrira Spinalonga, petite île qui fait face à Plaka, qui durant près de cinquante ans était une colonie de lépreux. Quel lien cette léproserie peut avoir avec sa famille ? De quel lourd secret sa mère a-t-elle voulu la préserver ?

L’île de oubliés est un des succès littéraires de l’année 2013, et il me semble en effet en avoir entendu vaguement parler. Mes amis ont donc tablé sur une valeur sûre en me choisissant ce livre. On comprend très vite l’enthousiaste du grand public pour ce roman. Il  a tous les ingrédients nécessaires pour faire de lui un best-seller : de l’action, des sentiments (alors là oui plein) et de l’Histoire. Le tout est bien écrit, bien ficelé et se lit d’une traite. Mais comme souvent pour ces œuvres largement plébiscitées par les foules on n’est pas non plus transcendé à sa lecture. N’y voyez aucun élitisme, c’est tout à fait logique qu’un livre qui plait à tout le monde soit  par définition toujours un peu consensuel.

Pour ma part j’ai vraiment aimé tout ce qui se rapporte à l’Histoire. Je peux même dire que j’ai adoré les chapitres consacrés à la léproserie et à son fonctionnement, je me suis même documentée sur l’île de Spinalonga qui n’a rien d’imaginaire. En revanche, j’ai été franchement plus hermétique aux intrigues amoureuses qui finalement prennent presque le dessus dans ce roman. Autre point négatif, la mise en place de l’histoire. Il faut dire je ne suis pas fan des ficelles narratives trop voyantes (en même temps qui l’est ?). L’auteur ne semble avoir crée le personnage d’Alexis que pour revenir sur le passé de sa famille. Du coup ce personnage-prétexte a bien peu de consistance puisque qu’on ne le retrouve qu’au tout début du roman pour ‘lancer’ le récit et à la fin pour le clôturer.

Malgré ces défauts  L’île des oubliés reste un agréable roman (pas certaine que ce terme soit très heureux car il y a quand même une palanqué de destins tragiques dans cette histoire), avec juste peut-être un peu trop de bons sentiments à mon goût. Ce n’est pas ma plus grande découverte littéraire mais loin de moi l’idée de vous le déconseiller. Lisez-le même ! Comme ça vous pourrez me donner vos impressions sur l’insipidité du personnage de Sainte-Maria (et oui la perfection m’agace !).

 « Libérée de son point d’amarrage, la corde se déroula d’un mouvement vif, et des gouttelettes d’eau de mer aspergèrent les bras nus de la jeune femme. Elles séchèrent rapidement, et celle-ci remarqua que, sous le soleil de plomb qui brillait dans un ciel limpide, les cristaux de sel dessinaient des motifs complexes et scintillants sur sa peau, comme un tatouage de diamants. Alexis était l’unique passagère de la petite barque délabrée. Tandis qu’au son du moteur haletant elle s’éloignait du quai pour rejoindre l’île déserte qui se dressait face à eux, elle réprima un frisson, songeant à tous ceux et toutes celles qui s’y étaient rendu avant elle. Spinalonga »

 

L’île des oubliés – Victoria Hislop – 520 pages – Le Livre de Poche